Je n'étais pas allé à Londres depuis quinze ans quand je pris pour la première fois l'Eurostar le 10 novembre dernier. La ville a l'art d'être toujours la même et une autre à la fois. Il n'y a plus depluie en novembre mais le soleil est avare. Les pubs à l'identiques servent des bières multicolores on the tap mais fraiches. Les taxis ont la même forme mais sont tantôt noirs tantôt multicolores. Contrairement aux chauffeurs de ces derniers, les passants sont aussi incapables qu'à Paris de donner un moyen d'accéder à une adresse proche sauf qu'ils se croient obligés de vous donner une réponse qui vous conduit parfois à l'opposé du bon sens. L'hôtel Hallam, tout proche de Portland Place, est resté le même que celui que je fréquentais quand j'étais trésorier del'EFSUMB de 1993 à 1996: je le recommande à toute personne voulant séjourner brièvement à Londres dans une chambre minuscule au confort rudimentaire pour le prix de 100£ par nuitée, breakfast inclus, mais n'oubliez pas d'apporter un commutateur de courant idoine et le wifi coûte 5£/jour. Bon indicateur de l'inflation dans le Royaume-Uni, je payais 60£ en 1995; je doute que l'euro y soit pour quelque chose. Enfin, il n'y a pas de pub exagérée pour vanter in situ les JOs de 2012.. Les Anglaises que l'on voit déambuler dans le hall immense de la nouvelle gare de Saint-Pancras évoque plus la lutte gréco-romaine que les combats amoureux avec Britney Spears.
Contrairement aux Français, les radiologues britanniques ont eu l'intelligence d'acheter au bon moment, vers 1950, deux immeubles jumaux et contigus sur Portland Place, Westminster, l'un pour y loger le Royal College of Radiologists, l'autre le British Institute of Radiology, comme l'indiquent des plaques de cuivres rutilantes et immaculées tranchant avec élégance sur la blacheur de craie de leurs façades. Le premier symposium de l'ISHRAD se tenait au British Institute, là même où est logée l'EFSUMB. Ce n'est pas exactement un Musée de la radiologie mais plutôt une Domus Radiologica. La bibliothèque est magnifiquement organisée et son thesaurus quasiment exhaustif. J'y ai même vu le livre de radiologie d'Albert Londe datant de 1898, sans doute le premier publié sinon dans le monde, mais c'est plausible, du moins en France, Tout est parfaitement ordonné dans cet institut, au moins vingt fois plus grand que le Centre Antoine Béclère et mieux fourni.
Les Britanniques ont un sens très aiguisé de l'histoire et, n'ayant pas eu à décolleter leurs souverains et dirigeants révolutionnaires sous la Terreur puis en 1968 comme en Fraznce, savent donner de la consistance à leurs élites en les honorant par des portraits et des notices biographiques scrupuleusement éditées pour qu'on les retrouve facilement. Ils n'ont pas l'équivalent de la vitrine des maquettes de Georges Massiot du Centre Antoine Béclère mais ils ont la réplique du premier scanographe construit par EMI sur les plans de Geoffrey Hounsfield.
Le Board de l'ISHRAD est réellement international avec quatre Britanniques, un Allemand, un Argentin, un Belge et un Français, votre serviteur en l'occurrence. Le site Internet de l'ISHRAD va rapidement se meubler de documents d'archives et de contributions originales venus de tous les horizons. On peut y trouver déjà les deux premiers chapîtres de mon histoire centenaire de la radiologie urogénitale eurppéenne. Les proceedings du symposium y sont publiés, sauf ma communication qui n'est pas encore définivement prête. J'ai présenté un papier sur la façon dont la France conserve (mal) la mémoire de sa radiologie nationale pourtant glorieuse. Il faut un Musée de la radioologie, un vrai, pourquoi pas à l'Hôtel-Dieu de Paris. J'espère pouvoir en dire plus en janvier prochain.
Rendez-vous est pris le 20 décembre avec les aurotrités de l'Administration centrale de l'AP-HP pour discuter de l'accord de partenariat entre les acteurs appelés à collaborer au projet de Musée dans l'Hpôtel-Dieu. L'affaire est en bonne voie, quand il devient officiel que l'Hôtel de Miramion sera vendu dans un proche avenir.
J'avais publié un article dans le numéro 0 de ce nouveau journal trimestriel d'informations médicales et sanitaires du haut de la gamme qui fait une très grande place à la culture générale et corporative. Il est publié par Claude Harel que j'ai rencontré par hasard l'an dernier. Né natif de Chateaubriant, il est le fils du couple Harel-Vilbois qui fut mon professeur de photographie quand j'avais 18-22 ans! Je n'oublie jamais delui dire combien je suis redevable à ses parents qui furent demerveilleux mentors. Il fut collégien avec ma sœur catherine, décédée l'an dernier, et, de cette façon, c'est aussi un hommage à celle-ci
Je participe au numéro 1 avec un grand papier sur le patrimoine médical: "Le saccage du patrimoine médical français: halte au feu!". Il sera téléchargeable dans quelques mois, la décence ne me permettant de le publier en avant-première d'un nouveau journal qui a droit à l'exclusivité.



